Deux anciens combattants honnorés

Mardi matin, les Savignois étaient très nombreux au rendez vous place de la mairie pour participer aux cérémonies commémoratives du 8 mai 1945.
Le défilé se mettait en place pour se rendre au monument aux morts.
Après un dépôt de gerbes, sonneries des 3 clairons, minute de silence, Bruno Buisson, maire, prenait la parole, suivi de Paul Cormorèche, président cantonal des anciens combattants. 
C’était ensuite le moment des remises de médailles, René Martinez recevait la médaille de la reconnaissance de la nation pour 25 mois passés au service de la France durant le conflit Algérien, et Jean Luc Gandit la croix du combattant pour 27 mois passés au service de la France dans le même conflit et cela même en étant pupille de la nation.
La cérémonie se terminait par la lecture de différents textes par des enfants et par la chorale des enfants qui a interprété un « chant des partisans » d’une grande émotion

René Martinez :
Né le 15 mars 1932 à Oran en Algérie, il a une formation de charcutier traiteur. Il part pour le service militaire le 1er juillet 1953 au 356° régiment de matériel dans le secteur d’Alger.
Après une formation militaire de 3 mois, il rentre comme boucher aux cuisines du régiment où il restera 18 mois. Libéré de ses obligations militaires au début de 1955, il est rappelé par les autorités militaires, et pendant 6 mois il va participer à des opérations dites de maintien de l’ordre à la frontière Marocaine, à la limité du désert.
C’est de là, entre autres, que des bandes de rebelles franchissaient la frontière pour des opérations meurtrières en Algérie.
En mars 1956, il est libéré avec un certificat de bonne conduite. Mais même en étant libéré il doit encore participer 1 jour par semaine à des contrôles de population pendant 6 mois.
Arrivé en France en 1962, à Savigny en 1980, il a rejoint l’association des anciens combattants en 2011 et a sa carte de combattant depuis 1992.
Le 11 novembre 2013 il recevait la croix du combattant et ce 8 mai c’est la médaille de reconnaissance de la nation que lui a remit Bruno Buisson.

Jean Luc Gandit :
Né le 13 mars 1937 à Dijon, il a une formation de serrurier. La 1ere grosse épreuve de sa vie s’est produite en 1945 quand un camion de l’armée américaine a renversé sa maman et la rendue handicapée à vie.
Il avait alors 8 ans, il a fallu faire face, et il est devenu « pupille de la nation ».
La deuxième grosse épreuve de sa vie, c’est que malgré son statut de pupille de la nation, il part pour le service militaire le 5 mai 1957 directement en Algérie, et se retrouve incorporé au 9° Zouaves à Alger où il fait sa formation militaire de 3 mois avec l’apprentissage des armes.
Avec sa formation de serrurier, cela fait de lui un spécialiste de l’armement qui lui vaut de nombreux déplacements dans les unités combattantes pour vérifier, contrôler et réparer les armes. « Chacal en Algérie, tigre à Verdun » c’est l’emblème des Zouaves et après 27 mois passés en Algérie, un certificat de bonne conduite, et une bonne jaunisse qui a nécessité un mois de soins et de convalescence, il rentre en France en juillet 1959.
Il repart dans la vie professionnelle dans la mécanique et devient spécialiste dans les machines calibreuses de fruits, ce qui lui vaut de nombreux déplacements en France et à l’étranger.
En 1962, il épouse Anne Marie et la famille s’agrandit avec 4 enfants.
Ce mardi il recevait des mains de Paul Cormorèche, la croix du combattant pour ces 27 mois passé au service de la France alors qu’il était même pupille de la nation.

Le diaporama