5 décembre : Un hommage aux morts en Afrique du Nord
et Michel Berger médaillé

 

5 décembre : un hommage aux morts en Afrique du Nord, et une remise de médaille et une certaine désaffection à cette cérémonie

Ce n’était pas le froid, ni même la météo qui a freiné la mobilisation des Savignois, mais très certainement une sorte de méconnaissance de cette journée d’hommage et un manque de prise de conscience.
Toujours est il que les anciens combattants et les élus étaient eux au rendez vous devant le monument aux morts pour rendre hommage à leurs camarades tombés en terre d’Afrique du Nord, dont le savignois Pierre Bost.

Le médaillé, Michel Berger : né le 8 février 1935 à St Pierre la Palud, il part pour son service militaire en Allemagne en novembre 55 avant de s’embarquer pour l’Algérie en juin 1956 où il passera un brevet de pilote et tireur sur engins blindés.

Nommé brigadier en juin 56, brigadier-chef en janvier 57, pour terminer avec le grade de maréchal des logis chef et chef de groupe.
Pendant 12 mois, il participe à des opérations dites de maintien de l’ordre. De retour en France en janvier 1958, il retrouve sa famille.

Chef d’entreprise de Translaur, il a aussi été maire de St Laurent durant 12 ans.
- En 1978, le député Alain Mayoud lui remettait la Croix du Combattant.
- En mai 2015, le maire de Savigny lui remettait la médaille de reconnaissance de la nation.
- Et ce mardi c’est Marie Louise Hervé qui lui remettait le mérite fédéral.

 

Pourquoi le 5 décembre ? et pourquoi aussi peu de mobilisation ?
Instituée en 2003 par le président Jacques Chirac, cette date est « Journée Nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ».

Il y a 15 ans Jean Moretton, président de Anciens Combattants de Savigny, expliquait : «  plus de 2 millions de Français ont été concernés par ce conflit long de 10 ans ( Tunisie, Maroc, puis Algérie ) … il y a eu beaucoup de blessés, dans leurs chairs, mais aussi dans leurs têtes, plus de 50 ans après on ne sait toujours pas le nombre exact de morts pour la France »
Sur la polémique actuelle concernant la date du 5 décembre, Jean Moretton précisait : «  c’est la date désormais officielle, les autres dates ( le 19 mars pour le cessez le feu par exemple ), ne seront pas reconnues.
Même si on ne sait pas très bien d’où vient cette date, hormis qu’il y a un an un mémorial a été érigé pour les morts de la guerre d’Algérie, il faut faire avec ».  

Il est vrai que beaucoup auraient préféré le 6 juillet, date officielle de la fin de cette guerre. Mais d’autres ne veulent pas reconnaître le 5 décembre et célèbre toujours le 19 mars.  
«  Diviser pour mieux régner », c’est en substance ce que nous a expliqué Paul Cormorèche, président cantonal et membre du bureau départemental CATM : «  on ne veut pas parler de cette guerre, on veut l’oublier … tout est fait pour cela, comme ce choix du 5 décembre, et le maintien des commémorations du 19 mars dans certaines communes ».
Force est de constater que de très nombreuses communes ne commémorent pas cette date du 5 décembre, et quand elles le font le public est très peu nombreux, comme s’il n’avait pas, ou ne voulait pas avoir, conscience de cette guerre.

Alors que nous sommes en pleines commémorations du centenaire de la 1ere guerre mondiale, on ne peut que craindre qu’il n’y aura jamais de centenaire des guerres d’Afrique du Nord.