3 anciens combattants médaillés ce 8 mai

Lundi les Savignois sont venus très nombreux malgré la menace de la pluie pour s’associer à l’hommage rendu lors des cérémonies du 8 mai à 3 anciens combattants.

Après la minute de silence et les discours, les 3 anciens soldats recevaient leurs décorations.
Roger Noyel et Georges Guillot se voyaient remettre la médaille de reconnaissance de la nation, avec agrafe d’Afrique du Nord.
Le 1er pour 28 mois de service à la France dont 22 ans en Algérie, le second pour 18 mois au service de la France en Tunisie.

Georges Goujat recevait lui la médaille des engagés volontaires pour plus de 4 ans passés au service de la France.

La cérémonie se terminait avec les enfants des écoles qui lisait le très beau poéme de Paul Eluard, Liberté, et par un poème d’un enfant, Vital Heurtebize, écrit pendant la seconde guerre mondiale.



Roger Noyel, né en 1939 à Chatillon d’Azergues, il est parti effectuer son service militaire le 3 juillet 1959 à Grenoble dans la 4° compagnie du Génie pour y recevoir une formation militaire durant 4 mois.
Il passe ensuite ses permis de conduire ( voiture et poids lourd) et pendant 2 mois est affecté à l’entretien de la caserne.
Mais le 14 janvier 1960 c’est le départ pour l’Algérie dans le génie à Oran. Il y a été affecté au transport de troupes et de marchandises nécessaires à l’intendance, avec les risques réels, car tous savaient que dans cette guérilla algérienne c’était toujours le chauffeur qui était visé en 1er.

Il a d’ailleurs reçu le diplôme de meilleur conducteur pour les nombreux kilomètres parcourus sans problème. Etant par la suite nommé «  2° sapeur mineur », il a ensuite été affecté à la surveillance et défense des camps avec pose de réseaux électriques et de mines.
C’est enfin au garage, à l’entretien des véhicules qui terminait ses 22 mois en Algérie.

A son retour en France, à Marseille, le 20 octobre 1961, il doit encore faire face à quelques problèmes à cause de la grève des trains ( ça n’a pas tellement changé), et enfin il rentre dans la région.

Son mariage avec Marie Jo, sa famille, son travail, l’ont aidé à oublier un peu cette difficile période de sa vie. Le 11 novembre 2007 il recevait la croix du combattant et ce 8 mai la médaille de reconnaissance de la nation, avec agrafe d’Afrique du Nord.


Georges Guillot, est né en 1931 à Lyon, mais c'est à St Pierre la Palud qu'il a toujours vécu.
Il est parti pour le service militaire en octobre 1951 au 4° Zouave à Hammamet Nabeul en Tunisie, où il y passa 4 mois très difficile, car la Tunisie commençait à être agitée.

Son affectation dans les zouaves était aussi synonyme de discipline, exercice et entrainement. C’était la devise pour faire d’un homme un bon soldat.  Il a ensuite rejoint les transmissions et passait son permis de conduire.

Chauffeur de camion de marchandises et de voitures d'officiers, il avait un poste un peu plus calme, mais il fallait penser à chaque déplacement il pouvait croiser « la guérilla des routes », et les chauffeurs étaient souvent les premiers pris pour cible.

Il rentrera en France en 1953, il retrouvera son village de St Pierre, son épouse Josette, et entre son travail, puis son entreprise et les travaux agricoles, il reprend une vie normale en essayant de mettre dans un coin de la tête ces 18 mois passés de l’autre côté de la méditerranée.

Le 8 mai 2013 il recevait la croix du combattant, et ce 8 mai la médaille de reconnaissance de la nation, avec agrafe d’Afrique du Nord.

 


Georges Goujat est né en 1937 à Champagne au mont d’Or.
Comme tous les gamins de cette génération, il a subi le joug des troupes d’occupation allemande. Après avoir assisté à l’assassinat de deux tireurs sénégalais du 25 RTS, ce fut le bombardement de Vaise, puis celui de Lyon, faisant plus de 1 500 victimes.

La guerre terminée, il grandit puis adulte il travaille 4 ans dans la bijouterie. Il s’engage dans l’armée coloniale en avril 1957, et passe 90 jours dans le camp Galieni à Fréjus, puis 30 jours de formation comme chauffeur.

Après ces 4 mois de classe et préparation, il embarque à Bordeaux pour l’Afrique du Nord.
Il mettra 18 jours et 2 500 kms avant d’arriver à la frontière Algéro – Nigérienne. Il sera affecté dans les unités spéciales chargées de la surveillance des frontières aux confins du Dahomey, Niger et Mauritanie, puis à la 7° saharienne comme pilote de Power Wagon.

Il a été libéré en novembre 1959, mais a dû être hospitalisé à Desgenettes avant de pouvoir retourner à la vie civile. Marié en 1961 à Josette, il a ensuite consacré son temps au service des autres durant 30 ans, comme ambulancier, et sapeur-pompier volontaire. Un flambeau qu’il a transmis à son fils, Gilles, commandant au corps des sapeurs-pompiers de Lyon.

En 2002 il recevait la médaille de la reconnaissance de la nation, puis en 2006 la médaille coloniale et ce 8 mai la médaille des engagés volontaires.